• Québec Blues : Tex Lecor

    Pour les années 1960 entières, on compte les blues québécois sur les doigts d'une seule main. Pourquoi ? Parce que nous étions, musicalement, le reflet de la France, où le blues était absent, mais aussi de l'Amérique blanche, qui, en 1960, se demandaiet encore si les Blancs pouvait chanter du blues. Réalité aussi palpable sur la scène jeunesse, où on traduisait davantage de chansons soul que de blues, même les blues passés entre les mains des Rolling Stones ou des Animals. Je reviendrai sur cette scène.

    Il y avait cependant Tex Lecor, au cours de sa période beatnik. Sans trop de surprise : sur les trois microsillons enregistrés pour London de 1960 à 1963, Tex présentait des styles qui allaient devenir monnaie courante dix années plus tard, mais qui, au moment de la mise en marché de ces disques, étaient des manifestations marginales et parfois décriées.

    Ainsi va la vie a des motifs de blues semblables à ceux qu'une mince poignée des chanteurs américains blancs proposaient : le "Talking Blues". Parlait plus qu'il ne chantait ! Tex ajoutait en 1960 ce qui deviendra la norme pour les artistes rock qui toucheront au blues dix années plus tard : le joual (L'argot). Notre beat règle quelques comptes, entre autres envers les gens qui prétendaient qu'il "manquait d'éducation, pour parler d'même dans mes chansons", il offre malheureusement un passage xénophobe, puis des couplets sur l'actualité, avec parfois des propos absurdes. À mes yeux, il ne peut y avoir de doute : cette chanson est le premier blues québécois.

    Tex Lecor, Ainsi va la vie (1960)


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  • Québec blues

    Né aux États-Unis, Michael Jerome Browne habite Montréal depuis son enfance. Considéré comme un musicien folk, il intègre beaucoup de blues dans son répertoire et sur ses disques. Il enregistre depuis le milieu de la décennie 1990 avec un beau talent. Son approche du blues, traditionnelle, a fait en sorte qu'il a un public fidèle un peu partout dans le monde.

    Michael Jerome Browne, The Path You Leave Behind, 2001, Drive On


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  • Gilles Valiquette

    La première fois que j'ai entendu cette chanson, j'ai été sous l'effet coup de foudre, non seulement parce que c'était mélodique, mais le sujet rare m'a ravi. En effet, des chansons maternelles, par des chanteuses, nous pouvons en croiser beaucoup. Cependant, des chansons sur l'amour d'un enfant pour son père et sur le bonheur de la paternité, c'est un peu plus rare.

    Gilles Valiquette, L'amour en pleine action, 1980, Valiquette


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  • Nanette Workman

    Depuis ce disque de 2001, Nanette Workman chante dans sa langue natale. Une bonne idée ! Cela lui va très bien. Il y a eu trois disques par la suite et l'approche sera la même : soul, R & B et blues. Cependant, avec le recul, celui-ci demeure son meilleur et sans doute un sommet dans sa carrière. La pièce phare est celle que je vous propose : pleine de sueurs, d'exclamations et avec une très efficace partie de guitare signée Steve Hill, un gars de ma ville. La chanson provenait du répertoire de Christine Kittrel et de Peggy Lee, autour de 1962-63. Mettez le son au max !

    Nanette Workman, I'm A Woman, 2001, Roots N' Blues


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  • Corbach

    Peu importe le projet que Pierre Harel lance, il laisse tomber par la suite. C'est très dommage dans le cas du disque que je vous présente. L'idée était de réunir des musiciens ayant fait partie autant de Offenbach que de Corbeau, en respectant les approches rock & blues des deux légendaires formations. Les vétérans écrivent des pièces solides, souvent accrocheuses, et Harel pond de bons textes. Curieusement, ce disque idéal de rock québécois n'a pas connu de succès. Je le considère comme un des meilleurs des années 1990. Il va de soi qu'Harel ne donnera pas suite, bien que Corbach enregistrera deux autres chansons... sous un autre nom.

    Corbach, Cannibale, 1996, Amérock du Nord


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