• La Bolduc

    La Bolduc

    De son véritable nom Mary Travers, cette Gaspésienne, au cours de son adolescence, s'établit à Montréal, où elle travaille comme domestique. Jeune, elle rencontre Édouard Bolduc, plombier, l'épouse et donne naissance à plusieurs enfants. Jusqu'alors, rien ne la prédestinait à une carrière musicale, bien qu'elle pouvait jouer du violon et de l'harmonica.

    Cherchant un salaire d'appoint, elle se présente à Conrad Gauthier, chantre du renouveau folklorique et organisateur de "Soirées du bon vieux temps" à la salle du Monument-National. Elle est engagée comme harmoniciste. Certaines soirées étant diffusées par la station de radio CKAC, madame Bolduc devient la favorite du public. Elle écrit timidement quelques chansons, encouragée par Gauthier. Les premiers disques sont enregistrés en 1929 : de la musique instrumentale. Quand enfin elle offre ses propres chansons, c'est une popularité extraordinaire.

    Présentée sur les étiquettes de disques comme Madame Édouard Bolduc, le public se contentera de dire : La Bolduc. Ce bon public populo s'identifie aux propos de la femme : tableaux de moeurs, situations comiques, chansons d'actualité, le tout avec un langage populaire, beaucoup de bonne humeur et ses célèbres turlutes, des gigues vocales.

    La Bolduc chante partout, surtout en compagnie de troupes de comédiens de vaudeville. Non seulement elle se produit dans les coins les plus reculés du Québec, mais elle sillonne l'Ontario, les Maritimes et les États de Nouvelle-Angleterre (Ses disques étaient distibués aux États-Unis.) Méprisée par les médias officiels - on la jugeait vulgaire - le peuple fait un triomphe incessant à chaque disque, à chaque présence.

    Un accident de la route ralentit ses activités et les séquelles de ce moment auront raison de sa force : La Bolduc nous quitte en 1941, âgée de 47 ans. Il y eut un silence, l'oubli... Jusqu'à ce que la comédienne Jeanne-d'Arc Charlebois reprenne le flambeau. Même Charles Trenet imite notre Bolduc dans une de ses chansons ! Les rééditions de ses pièces populaires sous forme de microsillons font découvrir la femme à une nouvelle génération, au cours des années 1960. À la manière de Jeanne d'Arc Charlebois une quinzaine d'années plus tôt, Marthe Fleurant, en 1968, connaît la gloire grâce à ses interprétations des turlutes de la joyeuse gaspésienne.

    Musicalement, c'était limité : que des motifs de folklore répétitif. Cependant, la drôlerie a bien passé le cap des décennies et ces enregistrements anciens ont gardé beaucoup de fraîcheur, comme des photos croustillantes d'un Québec disparu. La chanson que je vous présente est l'une des plus célèbres de La Bolduc et nous entretenait de la grande dépression.

    La Bolduc, Ça va venir découragez-vous pas (1930)


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